dimanche 7 octobre 2012

Titanic

   Ah, qu'il est cruel, mon orgueil me forçant à relever tous les défis ! Sans lui, vous ne seriez pas en train de vous régaler de cette chronique, parce que jamais au grand jamais je n'aurais revu et chroniqué ce film de mon plein gré. Mais voilà, m'étant imprudemment vantée de pouvoir chroniquer n'importe quoi, pas moyen de faire demi-tour, à moins de passer pour une truffe (enfin, encore plus que d'habitude). Et c'est totalement la faute de Sats si vous pouvez lire la chronique du Titanic. Ah, et puis... SPOILER !!! LE BATEAU COULE !!! (comme ça, c'est fait).


   Réalisé par James Cameron, qui nous offrit des oeuvres telles que Terminator, Terminator 2, Abyss, True Lies et Piranha 2, et qui réalisera ensuite Avatar, il raconte l'histoire du seul et unique voyage du Titanic (ne riez pas, ce n'est pas si évident !), pendant lequel un gueux va s'éprendre d'une riche oisive, et ils vont roucouler ensemble jusqu'à la conclusion aquatique.

   Les acteurs principaux :

- Le beau Leonardo DiCaprio (qui avait déjà joué dans Mort ou vif, Rimbaud dans Eclipse totale, et Roméo dans l'atroce Romeo + Juliette, et qui jouera ensuite dans des choses plus respectables comme La Plage, Gangs of New York, Arrête-moi si tu peux, et surtout Inception et Shutter Island) joue Jack Dawson, le gueux qui réussit à monter à bord du Titanic. Et comme il est bogoss, il va emballer la fille. 

C'est le héros, et il n'est pas que beau !

- Kate Winslet (qui apparut entre autres dans le Hamlet de Kenneth Brannagh, dans Neverland, et surtout dans les excellents Eternal Sunshine of the Spotless Mind et The Reader) est Rose DeWitt Bukater, une jeune fille de très bonne famille qui retourne aux Etats-Unis épouser son fiancé, et qui trouve cette idée aussi attrayante qu'une extraction dentaire.

- Billy Zane (que j'ai vu uniquement dans Retour vers le Futur 1 et 2, et qui s'est compromis avec Uwe Boll dans BloodRayne) est Caledon 'Cal' Hockley, le fiancé désigné de Rose. Il est fat, dégoulinant de suffisance, et visiblement désigné pour être le méchant alors que Jack est le bon gars. Oh, et je suppose qu'il porte de l'eye-liner.

- Kathy Bates (qui fut surtout Annie Wilkes dans Misery, et qui était dans Le jour où la Terre s'arrêta (le récent), la Reine Victoria dans Le tour du monde en 80 jours avec Jackie Chan, et dans Dolores Claiborne) est Molly Brown, plus tard appelée l'"Insubmersible Molly Brown", une nouvelle riche qui ne se laisse absolument pas marcher sur les pieds.

- Bill Paxton (vu dans tout un tas de trucs, mais surtout True Lies où il joue le terroriste Carlos, Spy Kids 2 et 3, Twister, Apollo 13, Predator 2, le beau Aux frontières de l'aube et Brain Dead (à ne pas confondre avec celui de Peter Jackson) est Brock Lovett, le chef de l'expédition qui explore l'épave du Titanic, et espère bien mettre la main sur quelque artefact précieux.

- Notons encore le capitaine joué par Bernard Hill (qui sera plus tard le roi Théoden dans le Seigneur des Anneaux) et John Jacob Astor interprété par Eric Braeden (l'innénarrable Victor Newman des Feux de l'Amour).

Vous vous attendiez à une minute fanservice issue de la scène de nu, hein ? 
EH BAH NAN !!! *sadisme*

   Le résumé (courage, quand faut y aller, faut y aller !) :

   Le film s'ouvre sur une scène chère à Cameron, c'est-à-dire profonde dans le sens sous-marine. Des bathyscaphes d'exploration mettent le projecteur sur une épave qui pourrait fort bien être le Titanic. L'équipe, menée par un Bill Paxton en moumoute blonde, envoie un petit robot également d'exploration à l'intérieur, qui découvre le coffre-fort du bateau. Le tout est remonté à la surface, c'est la fête.

   A l'intérieur du coffre, de la boue rouge et rien d'autre. Alors que Bill Paxton remue son absence de diamants, les scientifiques locaux découvrent dans le porte-documents un McGuffin dessiné. Les journalistes s'empressent de sauter sur l'histoire, et c'est ainsi qu'une vieille dame dont l'identité est facile à deviner contacte l'équipe de recherche. Dès que les mots "coeur de l'océan" (qui visiblement est un gros diamant) est prononcé, la dame est gentiment conduite à bord du bateau de recherche pour en discuter. Il ne lui faut pas longtemps pour faire la preuve de son identité, et convaincre tous les chercheurs qu'elle est bel et bien la femme portant le diamant sur le dessin. Après un rappel rapide de ce qui s'est passé lors du naufrage accompagné d'images de synthèse, nous voilà plongés dans le flashback de la vieille dame.

   Southampton, 1912. Dans l'effervescence et la joie, les passagers embarquent à bord du RMS Titanic pour son voyage inaugural. Parmi eux, Rose, accompagnée de sa maman (jouée par Frances Fisher) et son fiancé Billy Zane. En parallèle, dans un tripôt mal famé (les hommes sont nu-tête, ils jouent aux cartes et ils FUMENT), Jack gagne ses billets pour le voyage, et lui et son comparse montent à bord juste à temps pour partir. Impérial, le bateau quitte le port, tout le monde applaudit, c'est la fête.

Mon bateau, c'est le plus beau des bateaux... ♫

   Tandis que Jack et son pote se retrouvent dans une minuscule cabine, Rose & famille, aussi riches que Picsou, aménagent leur suite à grand renfort de peinture et autres belles choses. Le bateau navigue, il fait beau, tout va bien, il y a même des dauphins et des plans sur des machines qui fonctionnent pour montrer que c'est le plus beau jour de la Création. On en viendrait presque à prier que Jack se casse la figure en faisant son fameux "je suis le maître du monde" à la poupe, histoire qu'il se passe quelque chose. 

   Très vite, Rose en as ras-le-bol des riches et de son existence dorée, et menace de se jeter à la flotte, mais hélas (pour nous), Jack qui passait par là l'en empêche. Dans la plus grande tradition du théâtre de boulevard, un quiproquo s'ensuit, où tout le monde pense que Jack a voulu la tuer, mais finalement tout est bien qui finit bien. Du coup, pour récupérer sa donzelle, Billy Zane lui offre le MacGuffin étincelant, le fameux Coeur de l'océan. Ce qui ne l'empêche pas d'aller papoter avec Jack dès que l'occasion se présente. Jack se montre gentil et sensible, et à la différence du bateau, elle chavire.

 Mais qu'allaient-ils donc faire dans cette galère ?

   Le drame se profile : le directeur de la White Star veut accélérer les machines ! Parce que le rôdage de machines, c'est bon pour les pieds-tendres et les ventre-mous, et comme dans tout bon film hollywoodien, Dieu exècre les lâches ! Le capitaine n'est pas aussi sûr. Pendant ce temps, Molly Brown aide Jack à draguer la donzelle, Jack drague la donzelle, Rose se fait draguer, et ça roucoule pendant au moins une heure, je coupe, non pas pour ne pas fatiguer le lecteur, mais parce que je n'ai pas envie de devoir me crever les yeux et les oreilles pour survivre.

   Enfin, après plus d'une heure et demi de romance tellement sucrée qu'elle vous filera des caries, devinez qui arrive enfin. C'est lui, le seul, l'unique, zi destroyer of coques de navires : The Iceberg ! (cette blague appartient au Muffinman). Et je tiens à souligner qu'il n'y a qu'un seul iceberg à l'horizon, un seul sur toute la mer, et le bateau se le prend. C'est vraiment pas de bol. Et ce qui doit arriver arrive, le Titanic se fait ouvrir d'un bout à l'autre comme une boîte de conserve. Au début, tout passe inaperçu, on pense à une panne (le coup de la panne avec un paquebot, fallait le faire !), sauf que les couloirs les plus bas commencent à être plein de flotte. Dans l'ensemble, on prend ça à la rigolade.

   Mais très vite, la lumière se fait jour : le bateau est foutu, et une bonne partie de ceux qui sont avec aussi. Cal intrigue pour mettre Jack aux fers, pour s'en débarrasser, tandis que la panique monte. Et c'est là que vous pouvez commencer à jouer à "qui va s'en sortir, et qui va pas ?". Bon courage, il reste encore 1h20 de film, et je ne me sens pas d'entrer dans les détails, ce serait du gâchis de surprise.

Ah, ça rigole moins, maintenant !

   Les détails :

   Image : bien sûr, Cameron est un pro, un vrai. Il sait tenir une caméra, découper des plans, choisir des angles de vue, et ne pas utiliser de filtres sépia pour les flash-backs (parce que tout le monde sait que le passé était en sépia). Dans l'ensemble, c'est filmé de manière très correcte, autant la partie romance que la partie catastrophe. Certains plans sont à couper le souffle, j'en veux pour preuve les reconstitutions du bateau qui sont extraordinaires, ainsi que les plans sous-marins (qui m'ont mis extrêmement mal à l'aise, ça veut dire que ce sont des vrais, du moins d'après ce que soutient le Yaourt), ainsi que les plans d'ensemble du Titanic en train de couler. Voir un peu plus loin pour plus de détails. Les effets de l'eau envahissant lentement le bateau sont très réussis. D'autres effets, par contre, sont assez risibles, comme les cheminées qui ont l'air en carton, mais que la fameuse scène ou le bateau se casse en deux dans le plus pur style "maquette Jouef" (ce n'est pas un spoiler, hein, ils le disent au début, d'abord !). Ainsi que la plus belle collection de mannequins en plastique que j'aie jamais vu.

 Ah, c'est sûr, il est moins fringuant, maintenant, l'insubmersible...

   Musique : comme d'habitude avec James Cameron, c'est son bon pote James Horner qui s'y colle, étant déjà responsable de jolies choses comme les BO de Avatar, La légende de Zorro, Un homme d'exception, Stalingrad, Jumanji, Apollo 13, Braveheart, Légendes d'automne, et j'en passe. Et là, je suis un peu divisée. Parce que si la musique de James Horner est comme d'habitude inspirée et largement orchestrée, elle consiste en de nombreuses reprises du thème principal qui me dégouline par les oreilles, ainsi que plusieurs musique du genre "émotionnel" bien particulier qui consiste en un son éthéré à mi-chemin entre un cor d'harmonie et une chanteuse d'opéra, que TvTropes désigne comme "Our Lady of Soundtrack Sorrow". Ca devient vite gonflant.
   Un nouveau paragraphe pour parler de la chanson du film, My Heart will go on, que je ne peux absolument pas piffer, mais c'est mon avis personnel à moi-même toute seule. Les fans de Céline Dion et de chanson romantique apprécieront. Les autres auront à même de couper leur lecteur avant le générique de fin. Ceci dit étant donné que la mélodie sert de thème principal au film, vous en aurez quand même jusque là.

  
Interprétation : dans l'ensemble, elle est correcte. Leonardo DiCaprio fournit une interprétation tout à fait convenable, dans le registre "jeune homme au tempérament fort et libre", et ne peut pas grand-chose contre certaines répliques absolument navrantes qu'on lui fait prononcer. Ceci est également valable pour Kate Winslet, qui s'en sort honorablement dans son rôle de jeune fille riche prise au piège d'une existence sans intérêt, même si elle non plus ne peut rien contre la redoutable puissance du script.
   De leur côté, tous les acteurs incarnant les passagers de première classe bourrés d'argent s'en tirent à merveille dans le registre "nous sommes les maîtres du monde, et tellement mieux que tous ces idiots de troisième classe !", avec une certaine dignité face à la mort pour la plupart.
   Mention spéciale à Billy Zane et Kathy Bates, qui s'en donnent à coeur joie, l'un dans le rôle du méchant et fat fiancé, l'autre dans le rôle de la nouvelle riche qui n'en a rien à faire de ce qu'on peut bien dire ou penser d'elle.

 Gnin hin hin, je suis le fourbe fiancé comme l'atteste mon sourire Colgate.

   Le point historique :

   Parce que quand on met en scène un élément historique, il faut bien s'attendre à ce qu'on cherche les erreurs et les incohérences. Alors, y en a-t-il dans Titanic ? La réponse est : oui et non.
   - Non : James Cameron a pris grand soin de consulter nombre de documents, ainsi que d'effectuer des plongées (ou faire effectuer, ma référence n'était pas claire) sur le Titanic, afin de réaliser une reconstitution la plus exacte possible, jusqu'aux motifs des tapis et à la tête de la porcelaine. Exact aussi est le nombre des canots de sauvetage, insuffisant pour les passagers, ainsi que certains comportements des personnages ayant réellement existé. Ainsi que les violonistes jouant Plus près de toi, mon Dieu jusqu'au dernier moment.
   - Oui : certaines choses ont volontairement été changées pour l'amplitude dramatique du film. Je tiens à noter particulièrement le cas de l'Officier Murdoch (celui qui tire dans la foule et se suicide), à tel point que son traitement conduisit au dépôt d'une plainte, puis à des excuses officielles de James Cameron. Dans la vraie vie, Murdoch fit tout ce qu'il pouvait faire pour sauver des passagers et détacher les bateaux de sauvetage, jusqu'à la fin. Voilà qui peut faire grincer quelques dents.

 La prochaine fois, je lirai le contrat un peu mieux avant de signer...

   Le point critique :

   Autant vous dire, au cas où vous n'avez pas tout à fait compris, Titanic, c'est pas ma tasse de thé. Mais avant de casser du sucre dessus, disons d'abord quelques mots. Classé comme le film ayant coûté le plus cher de toute l'histoire du cinéma, et celui qui avait fait le plus d'entrées (du moins jusqu'à la sortie d'Avatar, du même coupable), Titanic a raflé 11 Oscars, depuis le meilleur film jusqu'à la meilleure musique. Contrairement à ce que beaucoup de ses détracteurs pensaient, il s'est montré immensément populaire dès sa sortie.

   D'un point de vue purement critique, il est vrai que ce film a beaucoup d'atouts pour réussir. Un beau jeune premier, une belle jeune première, une grande histoire romantique, ayant lieu sur un bateau de légende. Et comme le bateau de légende a coulé lors de son premier trajet, l'histoire de ce naufrage, et un drame passionnel à tirer les larmes. Le tout avec une chanson / musique salués par la critique. Le pari portait principalement sur les qualités de la reconstitution, et si James Cameron arriverait à nous y faire croire, ainsi qu'aux scènes de naufrage qui étaient particulièrement ambitieuses. Le film a bien sûr remporté tous ces paris haut la main, et il est vrai que le spectacle est de bon niveau.


James Cameron ne nous a pas tout montré !

   Alors qu'est-ce qui m'embête au niveau de ce film ? Bon, je ne suis pas tellement une amatrice des films romantiques, ni des films catastrophe, mais certains des deux catégories ont trouvé grâce à mes yeux. Alors quoi ? Déjà, le battage médiatique de l'époque n'était pas fait pour me le rendre tellement intéressant, mais passons. Le truc est que pendant plus d'une heure et demi, il ne se passe presque rien. Rose grogne, Jack drague, les deux roucoulent, les clichés s'entassent. Le tout est servi par des dialogues d'une subtilité de cour de récréation, et pour tout dire assez navrants. A tel point que j'en étais ravie quand l'iceberg a fini par ouvrir le bateau. S'ensuivent de longues scènes où Jack cherche Rose, où Rose cherche Jack au milieu du naufrage avec ses effets spéciaux dont certains sont ratés, au nom de je-ne-sais-quelle-idée qu'il est son âme soeur ou je ne sais quoi. Dans tout ça, seules quelques scènes ont trouvé grâce à mes yeux, comme la fête irlandaise, et celle avec les violonistes qui a failli me faire verser une larme. Pour le reste, j'ai trouvé que c'est un naufrage, dans le mauvais sens du terme. Une histoire d'amour gnangnan qui aurait pu être raccourcie, ça m'aurait épargné de ronger mon câble de souris.

Je t'aimerai jusqu'à la mort, Jack !
Oui, enfin, il y a des limites...

   Cependant, je le conseille tout de même à ceux qui aiment les films romantiques, aux amateurs du Titanic pour la qualité de sa représentation, aux fans de Leonardo, de Kate Winslett et des autres parce qu'ils ne sont pas mauvais là-dedans. A ceux qui aiment les naufrages, je conseille d'avancer jusqu'à 1h40 environ, histoire d'être sûrs de ne voir que le bateau qui coule. Quant à moi, je vais regarder d'autres trucs qu'a fait Cameron, il y a de quoi se mettre sous la dent.

   Note :
13/20 pour les prouettes techniques

Chronique réalisée avec l'aimable assistance du Muffinman pour la relecture et les blagues (ce film ne m'inspirant pas particulièrement).

Au cinéma le 21.12.12

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